Justice pour les personnes trans migrantes: CONFÉRENCE DE PRESSE 3 août 2017 à 13 h 00

Lancement de la campagne d’AGIR : CONFÉRENCE DE PRESSE

Justice pour les personnes trans migrantes! Oui à la reconnaissance juridique!

 

Date : le jeudi 3 août 2017

Heure : 13 h 00 à 14 h 00

Lieu : Centre de lutte contre l’oppression des genres, 1500 de Maisonneuve Ouest, local 404 H3G 1N1

Conférencier.e.s: Dalia Tourki (Membre du C.A. d’AGIR), Betty Iglesias (Agente de liaison, ASTTeQ), Nora Butler Burke (étudiante au doctorat, Université Concordia / Organisatrice communautaire), Gabrielle Bouchard (Activiste en droit trans et éducatrice publique, Centre de lutte contre l’oppression des genres), Fo Niemi (Directeur général, CRARR)

Action LGBTQ avec les immigrant.e.s et les réfugié.e.s (AGIR) exhorte le gouvernement à accepter et faire passer le projet de loi cet automne 2017. Joignez-vous à notre conférence de presse le jeudi 3 août 2017 à 13 h 00 au Centre de lutte contre l’oppression des genres afin qu’on puisse lancer notre campagne « Justice pour les personnes trans migrantes! Oui à la reconnaissance juridique! ».


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Communiqué de presse

 

Justice pour les personnes trans migrantes! Oui à la reconnaissance juridique!

 

« Je suis embarrassée et inquiète à chaque fois que je dois montrer mes pièces d’identité. Je ne sais jamais si on va m’accepter un service ou me le refuser, ou si la personne qui voit mes pièces d’identité est transphobe et violente. J’ai dû survivre toute ma vie dans mon pays d’origine. En venant au Québec, je ne pensais pas que j’allais devoir avoir à survivre ici aussi » Femme trans migrante


Jusqu’à ce jour, le gouvernement du Québec ne permet pas aux personnes trans migrantes (résident.e.s permanent.e.s, demandeur.se.s d’asile, personnes protégées, étudiant.e.s internationaux, travailleur.se.s temporaires, etc) de changer leurs mentions de sexe et leurs prénoms sur les papiers d’identité. En effet, le Québec est la SEULE province qui demande aux personnes trans migrantes de devenir d’abord des citoyens canadiens avant de pouvoir changer leurs mentions de sexe et prénoms. Après plus d’une année de mobilisation faite par des personnes trans migrantes, un parti d’opposition du gouvernement a déposé le projet de loi 895 à l’assemblée nationale le 17 mai afin que les personnes trans migrantes vivant au Québec puissent changer leurs mentions de sexe et leurs prénoms. Joignez-nous à exhorter le gouvernement à accepter et faire passer le projet de loi cet automne 2017.

 

On dénonce les lois discriminatoires envers les personnes trans migrantes! Arrêtons la violence faite par le gouvernement aux personnes trans migrantes! Oui à ce que les personnes trans migrantes aient des papiers d’identité correctes! Oui à la reconnaissance juridique et à la dignité pour les personnes trans migrantes!

 

Action LGBTQ avec les immigrantes et les réfugiés (AGIR), avec l’endossement de l’Arc-en-ciel d’Afrique, À 2 Mains, Action santé travesti(e)s et transsexuel(le)s du Québec (ASTT(e)Q), Centre de lutte contre l’oppression des genres, Conseil LGBT, Fédération des Femmes du Québec, Paroles de femmes, Solidarité Sans Frontières dénoncent le fait que le gouvernement n’a pas encore changé la loi pour permettre aux personnes trans migrantes de changer de nom et de mention de sexe. On appelle le gouvernement à adopter le projet de loi 895 avant la fin de leur session d’automne.

 

Voici quelques actions concrètes que vous pouvez faire:

 

1) Diffuser ce communiqué de presse dans vos réseaux

2) Signer la pétition en ligne : https://www.change.org/p/ministre-justice-gouv-qc-ca-justice-for-trans-migrants-in-quebec-pass-bill-895/preview

3) Rester à l’affût des développements en relation avec cette campagne en signant la pétition et en nous envoyant un courriel à cette adresse justicetransmigrantes@gmail.com. On vous ajoutera à notre liste de correspondance et nous vous enverrons des mises à jour.

 

Il y aura plus d’actions de cette campagne durant les mois menant à Fierté Montréal et durant l’automne.

 

Contact média : Edward Lee, justicetransmigrantes@gmail.com, 514-805-6943

 

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Liens importants :

http://www.solidarityacrossborders.org/fr/solidarity-city/solidarity-city-journal/asylum-for-t

https://jesuisfeministe.com/2017/01/18/le-quebec-et-les-droits-lgbtq-entre-mensonges-et-realites/

https://youtu.be/DNTiQDhcA-0

 

Contexte:

 

Le 17 mai, journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, un parti opposant au gouvernement a déposé le projet de loi 895 au parlement afin de permettre aux personnes trans migrantes de changer leurs désignations de sexe et leurs prénoms sur les papiers d’identité. En même temps, le gouvernement a présenté son plan de lutte contre l’homophobie et la transphobie qui ne comprend AUCUNE mention des défis auxquels font face les personnes trans migrantes. Le projet de loi a été présenté après une année durant laquelle des personnes trans migrantes et leurs allié.e.s ont parlé du fait que le Québec est la SEULE province qui exige aux personnes trans migrantes de, d’abord, devenir citoyennes canadiennes afin de pouvoir, ensuite, changer leurs mentions de sexe et leurs prénoms sur leurs papiers d’identités.

 

Le militantisme des personnes trans migrantes fait partie d’une grande trajectoire de défense des droits des personnes trans et migrantes qui date depuis des années. Ce militantisme inclut des organismes comme ASTT(e)Q et AGIR qui soutiennent des personnes trans migrantes menacées de déportation, d’emprisonnement et de perte de statut. En 2013, le Centre de lutte contre l’oppression les genres et la Clinique Juripop ont porté plainte contre le gouvernement du Québec demandant la modification de l’Article 71 du code civile du Québec. A cette époque, cet article autorisait le changement de prénom et de mention de sexe seulement pour les personnes trans citoyennes, adultes (plus que 18 ans), et celles qui ont eu recours à la chirurgie du changement de sexe. À la suite du militantisme continu, le gouvernement du Québec a amendé l’Article 71 permettant aux adultes et aux jeunes trans citoyen.ne.s (moins de 18 ans) de changer leur mention de sexe et leur prénom sans l’obligation de recourir aux chirurgies. Cependant, l’Article 71 exige encore la citoyenneté.

 

Québec est donc la SEULE province qui exige aux personnes trans d’être citoyennes afin de pouvoir changer leurs mentions de sexe et leurs prénoms. En outre, l’Article 71 du code civil du Québec cause un traitement différentiel envers des personnes trans migrantes en raison de leur statut d’immigration et de leur identité et expression de genre. Bien que le passage du projet de loi 895 n’empêchera pas les personnes trans migrantes, surtout celles qui sont racisées, de vivre du racisme, de la transphobie, de la pauvreté (notamment celles qui sont des travailleuses du sexe, séropositives ou menacées par la déportation), il sera un pas de plus dans l’élimination ces oppressions multiples, un pas vers la dignité et la justice pour des personnes trans migrantes vivant au Québec.